Crimes du régime khmer rouge

Les conditions des travaux agricoles et leur calendrier sont déterminés de manière centralisée, sans aucun égard pour les conditions géologiques et écologiques locales.

Les récoltes sont pour la plupart misérables et les rations alimentaires baissent en proportion. En certains endroits, les arbres fruitiers sont tous coupés pour chasser les oiseaux pilleurs de récoltes, ce qui a pour conséquence de priver la population de toute possibilité de cueillette.

Des régions entières souffrent de famine, et des cas de cannibalisme sont observés [ 27 ]. Dans le même temps, la cueillette de fruits est qualifiée de vol de la propriété collective et punie de mort ou d'emprisonnement [ 28 ][ 29 ]. Ben Kiernan souligne le caractère spécifiquement raciste de la politique appliquée par les Khmers rouges à l'égard des minorités ethniques du Cambodge.

Si des Chams font initialement partie des Khmers rouges, formant même une faction autonome dans la Zone Est, leur front est dispersé en Le traitement infligé aux Chams, les arrestations des chefs de village, amènent une partie des Khmers rouges musulmans à se révolter entre et Dans différents secteurs, les pratiques religieuses des Chams sont interdites, leurs villages dispersés, et les repas communautaires imposés dans le but apparent de niveler et de faire disparaître leur culture.

Y compris dans le contexte de la déportation, les Chams sont tenus à l'écart, et les réfugiés khmers sont incités à se méfier d'eux [ 31 ]. Dans la zone Sud-Ouest, dirigée par Ta Mokla consommation de porc pour les Chams musulmans devient obligatoire [ 32 ] et leur est imposée deux fois par mois, alors même que l'ensemble du pays souffre de la famine. Des populations chams se révoltent à plusieurs reprises, et subissent des représailles sanglantes.

À partir deles Khmers rouges se mettent à massacrer systématiquement des communautés chams, même en l'absence de rébellion. La rébellion khmère rouge a bénéficié, durant la guerre civile, du ralliement de certains membres du clergé bouddhiste et la propagande du mouvement en fait état.

Néanmoins, dès la réunion du 20 mai qui suit la chute de Phnom Penh, Pol Pot prévoit la sécularisation forcée de tous les bonzes et leur mise au travail dans les rizières [ 34 ]. Les moines sont évacués de leurs monastères et mis au travail forcé avec le reste de la population urbaine. De nombreux temples sont victimes de vandalisme, bien que davantage de lieux de culte que prévu semblent avoir survécu au régime Khmer rouge [ 35 ].

Les moines bouddhistes sont forcés de se défroquer, ceux qui refusent étant systématiquement éliminés [ 23 ].

Cambodge : le génocide khmer rouge reconnu pour la première fois par le tribunal international

Toutefois, d'après Gerhard J. Le décès en camp de travail de M gr Joseph Chhmar Salasvicaire apostolique de Phnom Penh avec d'autre prêtres cambodgiens en est un symbole fort [ 38 ]. Souvent citadins, les catholiques ont également le tort d'être, pour une grande partie d'entre eux, d'ethnie vietnamienne, et associés au souvenir de la colonisation française de l'Indochine.

La cathédrale de Phnom Penh est, avec la Banque nationale du Cambodgele seul édifice à être totalement rasé par les Khmers rouges [ 37 ]. Autre vestige de la colonisation Française, les Francophones ou Cambodgiens qui parlaient le Français en seconde langue, sont décimés.

Associés à l'élite, et à l'ancien régime, les Francophones seront traqués, surtout dans les camps, même si certains chefs Khmers Rouges parlaient eux-mêmes le Français. Le sort des minorités ethniques au Cambodge n'est pas homogène. Jean-Louis Margolinqui souligne la distinction entre les minorités se trouvant surtout en milieu urbain ChinoisVietnamiens et celles des zones rurales ChamsKhmers Loeuestime que les premiers n'ont pas été forcément persécutés en tant que tels, du moins pas avant [ 39 ].

Mais l'année suivante, on interdit de quitter le pays à la minorité demeurée au Cambodge. Le 1 er avrilune directive du Centre marque un tournant et ordonne aux autorités locales d'arrêter tous les Vietnamiens de souche et de les livrer à la sécurité d'État.

Crimes du régime khmer rouge

Des massacres de centaines de Vietnamiens, parmi les milliers restés au pays, ont lieu durant cette période. Dans les derniers mois du régime Khmer rouge, au moment du conflit contre le Viêt Namles Vietnamiens sont systématiquement exterminés en tant que tels.

Quant aux Chinoisleur communauté aurait perdu plus de la moitié de ses membres, ce qui signifierait qu'elle aurait été plus touchée que les autres populations urbaines qui perdent environ un tiers de leurs effectifs. La langue chinoise est interdite, de même que toutes les coutumes communautaires chinoises [ 40 ]. D'autres minorités, parmi lesquelles les personnes d'ethnie thaïlaoshan et les populations tribales, font également l'objet de massacres, qui n'épargnent pas les cadres Khmers rouges [ 41 ].

Le Kampuchéa démocratique ne compte officiellement pas de prisons.

Les Khmers Rouges en 10 faits historiques

Ensuite, leur situation empire nettement. L'usage de la torture est généralisé. Le centre de détention le plus connu est la prison de Tuol Slengconnu sous le nom de code S Seules six ou sept personnes survivent à S, sauvés par leurs talents, tels que la sculpture ou la peinture. À leur arrivée enles Vietnamiens découvrent à Tuol Sleng les corps d'une cinquantaine de prisonniers, que les Khmers rouges ont exécutés avant de prendre la fuite [ 44 ].

Le nombre total de victimes du Kampuchéa démocratique reste sujet à débat, et ne peut être calculé que par déductions et estimations à partir des données démographiques existantes.

Le régime khmer rouge est chassé de Phnom Penh au début de par l' invasion vietnamienne du Cambodge. Malgré son renversement, le mouvement khmer rouge bénéficie du soutien d'un ensemble hétéroclite d'États la République populaire de Chinemais aussi, entre autres, la Thaïlande et les États-Unis ayant chacun des raisons de vouloir gêner le Viêt Nam et son protecteur soviétique.

Il poursuit sa guérillasemant la terreur dans certaines régions et continuant de s'en prendre aux Vietnamiens de souche [ 51 ]. Nuon Chea est le seul ancien dirigeant khmer rouge à avoir publiquement évoqué les massacres du régime.

Pol Potmis en détention par ses propres hommes enest mort l'année suivante sans avoir eu à répondre des crimes commis sous son régime. Ce n'est qu'à partir de que les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens ont été mises en place, sous la pression internationale, pour juger les responsables khmers rouges.

Capturé enTa Mok est mort en prison en avant de pouvoir être jugé. Leur procès s'est ouvert le 27 juin [ 55 ]. Ieng Sary étant décédé au cours du procès et Ieng Thirith ne disposant plus de ses facultés mentales, Nuon Chea et Khieu Samphân sont demeurés en les seuls accusés.

L'ensemble des crimes commis par les Khmers rouges est souvent présenté comme un génocide. Pendant de longues années, une difficulté demeure pour classer les massacres commis par les Khmers rouges dans les quatre types de génocides s'appliquant aux groupes nationaux, ethniques, raciaux ou religieux reconnus par l' ONU. Jean-Louis Margolin souligne en que la difficulté dans l'emploi du terme génocide vient de ce que la plupart des victimes étaient elles-mêmes des Khmersles minorités ethniques n'ayant représenté qu'une part limitée des victimes.

Pour Margolin, les Vietnamiens peuvent être considérées comme ayant subi des persécutions raciales, mais la foi islamique des Chams semble avoir surtout été persécutée non pas en tant que telle, mais du fait de ses vertus de résistance.

Si les actes de Pol Pot et de son régime entrent sans difficulté dans la catégorie des crimes de guerrela qualification de génocide est plus problématique selon l'importance que les spécialistes accordent ou non à l'aspect racial des massacres commis au Cambodge [ 60 ].

Ben Kiernan insiste au contraire pour sa part sur le caractère spécifiquement racial de nombreuses persécutions, qu'elles aient touché des groupes religieux, ethniques ou nationaux [ 62 ]. Ben Kiernan conteste l'interprétation de Short et lui reproche d'ignorer les aspects ethniques de la politique des Khmers rouges, ainsi que sa propension à s'appuyer sur des sources khmères rouges [ 64 ]. En décembreIeng SaryNuon Chea et Khieu Samphân ont été officiellement mis en examen pour génocide par les deux co-juges d'instruction des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens.

L'inculpation repose sur la conviction des juges d'instruction que les dirigeants khmers rouges ont voulu détruire deux communautés spécifiques, celle des Chams musulmans et celle des Vietnamiens. La chambre de première instance a cependant décidé en septembre de séparer le dossier en plusieurs jugements successifs, dont seul le premier consacré aux transferts forcés de population a été entamé. Marcel Lemonde, juge d'instruction au sein des Chambres extraordinaires, estime alors qu'en raison des délais pris par la procédure, il risque de ne jamais y avoir de jugement sur la qualification de génocide [ 66 ].

Le 16 novembrepourtant, un jugement est rendu par les chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens par lequel Nuon Chea et Khieu Samphânseuls accusés encore en vie après le décès de Ieng Sary, sont à nouveau condamnés à la perpétuité, cette fois officiellement pour génocidepour les actions du régime envers les Chamsles Vietnamiens du Cambodge et d'autres minorités religieuses. Les détenus sont massés dans des cellules, attachés à des chaînes et surveillés de jour comme de nuit par des enfants endoctrinés de 13 à 14 ans.

Ongles arrachés, coup de fouet, tétons coupés à la tenaille, tête plongée dans de l'eau croupie, électrocution Les supplices sont nombreux et ceux qui survivent à ces traitements sont exécutés et jetés dans les fosses communes de Choeung Ek, véritable charnier où les victimes ne sont pas tuées par balle mais à la machette, au marteau, au couteau Entre 16 et 20 personnes ont été emprisonnées à S Elles sont quasiment toutes mortes.

Pol Pot meurt le 15 avril Le tortionnaire Kang Kek Ieu, dit Duch, est jugé en Il écope d'une peine de trente ans de prison, puis, enlors d'un autre procès, est condamné à la perpétuité. De la part de la classe politique francaise, comme pour le Rwanda et bien d'autres Une bonne partie de nos dirigeants politiques, aujourd'hui dans l'équipe au pouvoir, faisaient partie de ces admirateurs.

D'où les magnifiques résultats constatés depuis N'oublions pas que socialisme et communisme sont issus du même creuset et qu'ils partagent en héritage le même aveuglement devant la réalité. Vous entendrez toujours le "ce n'est pas possible que Il n'y a pas que la Justice qui a les yeux bandés, le peuple français aussi. Veuillez remplir tous les champs obligatoires avant de soumettre votre commentaire.

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Actualité Culture Histoire Il y a 17 ans décédait Pol Potdirigeant politique et militaire du Cambodge notamment entre et Agrandir le texte Réduire le texte Imprimer Commenter. Reportages, analyses, enquêtes, débats. Ce service est réservé aux abonnés. Déjà abonné? Connectez-vous Abonnez-vous.

2008 acura rdx rough ride

Vous ne pouvez plus réagir aux articles suite à la soumission de contributions ne répondant pas à la charte de modération du Point. Silence assourdissant De la part de la classe politique francaise, comme pour le Rwanda et bien d'autres Signaler un contenu abusif. Par et ta soeur! Intéllectuels mais "de gauche" uniquement de gauche. Ça, c'est un défaut de la gauche française. Veuillez remplir tous les champs obligatoires avant de soumettre votre commentaire Le titre du commentaire est obligatoire Le texte du commentaire est obligatoire.

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